ce qu'est le lymphome

Le cancer dont Karine souffre se nomme « le lymphome, non hodgkinien ». 

Les faits sur le lymphome, non hodgkinien:

Lymphome est le terme général employé pour désigner la croissance anormale de cellules dans le système lymphatique. Le lymphome non hodgkinien (LNH) désigne une famille de cancers qui prennent naissance dans le système lymphatique. Les différents types de lymphomes sont diagnostiqués selon le type de lymphocyte trouvé au cours de la biopsie d'un ganglion lymphatique.

Chaque année, plus de 5 000 Canadiens sont atteints du lymphome non hodgkinien. Maladie rare chez les enfants et les adolescents, le nombre de cas de LNH augmente avec l'âge.

Une meilleure connaissance du système lymphatique et des lymphocytes, ainsi que des plans de traitement améliorés ont augmenté le taux de réussite dans le traitement du LNH.

Le système lymphatique:

La connaissance du lymphome non hodgkinien commence par celle du système lymphatique, qui a comme première tâche la défense de l'organisme contre la maladie. Le système est constitué de vaisseaux lymphatiques, un réseau de petits canaux semblables au réseau de petits vaisseaux sanguins : de ganglions lymphatiques, de petites glandes en forme de haricots qui contiennent les lymphocytes, un type de globule sanguin blanc; et la lymphe, un liquide incolore qui circule à travers le corps ramassant les bactéries, les substances étrangères et, parfois, des cellules cancéreuses.

Les vaisseaux lymphatiques s'étendent à la longueur du corps assurant le va-et-vient de la lymphe dans les tissus. Des groupes de ganglions lymphatiques situés sous la mâchoire et à la base du cou, sous les bras, dans la poitrine, l'estomac et l'aine, filtrent les impuretés ramassées par la lymphe. Certains lymphocytes protègent le corps en tuant les bactéries, tandis que d'autres produisent des anticorps pour combattre l'infection.

On trouve d'autres tissus lymphatiques dans la rate, le foie, la moelle osseuse, les intentins et dans d'autres organes du corps.

Qu'est-ce que le lymphome non Hodgkinien?

Le lymphome non hodgkinien prend presque toujours naissance dans un ou plusieurs ganglions lymphatiques. Si les cellules cancéreuses restent confinées à quelques ganglions, on dira du lymphome qu'il est localisé. Mais environ 75 pour cent des lymphomes non hodgkiniens sont diagnostiqués comme étant généralisés, parce que l'on trouve des cellules anormales un peu partout dans le système lymphatique et dans d'autres organes.

Le lymphome non hodgkinien n'est pas seulement étiqueté « localisé » ou « généralisé »; on le classifie également selon ly type de lymphocyte trouvé lors de la biopsie des ganglions et selon la présence ou l'absence de symptômes. On essaie, depuis 1982, de simplifier la classification de cette famille de cancers à l'aide d'un ouvrage intitulé : « Working Formulation of the non-Hodgkin's Lymphoma for Clinical Usage ». Les catégories suggérées par l'ouvrage sont les suivantes :

Premier stage. Cette catégorie de LNH progresse généralement avec lenteur et ne présente pas de symptômes. Quand il est diagnostiqué chez un patient, ce dernier est examiné de façon régulière par son médecin, mais il n'y a pas de traitement possible tant que des symptômes n'apparaissent pas. De nombreux patients atteints du lymphome non hodgkinien au premier stade peuvent vivre très longtemps sans traitement. La radiothérapie est utilisée dans le traitement de certains de ces lymphomes et l'on a même recours, aujourd'hui, à l'utilisation de doses massives de médicaments anticancéreux (chimiothérapie) et à la transplantation de moelle osseuse.

Stade intermédiaire. Laissé sans traitement, le LNH de cette catégorie se propage et finit par être fatal. Un régime de traitement intensif produira des effets secondaires indésirables, mais 50 pour cent des patients atteints du lymphome non hodgkinien intermédiaire peuvent ainsi guérir.

Stade avancé. La guérison est possible, comme dans le cas du LNH intermédiaire. Ce lymphome à croissance rapide et souvent généralisée peut réagir à la chimiothérapie (médication anticancéreuse), mais le traitement doit être intensif. Parmi les lymphomes du stade avancé, notons le lymphome de Burkitt, d'après le docteur Denis Burkitt qui, le premier, a identifié la maladie. Bien que très rare en Amérique du Nord, le lymphome de Burkitt est fréquent chez les enfants qui vivent dans les basses terres d'Afrique. On le retrouve aussi parfois chez les personnes atteintes du sida (syntrome d'immunodéficience acquise).

Cause du lymphome Non Hodgkinien:

La cause précise du lymphome non hodgkinien est inconnue. On sait quand même que certaines personnes y sont plus exposées que d'autres. Les gens qui naissent avec un système immunitaire déficient, ou dont le système immunitaire est inhibé par la maladie ou la médication, sont en général plus exposés au lymphome non hodgkinien, quand ils prennent de l'âge. À titre d'exemple, le taux de lymphomes chez les gens qui ont fait l'objet d'une greffe d'organe et qui ont pris des médicaments pour prévenir le rejet de l'organe greffé, est plus élevé que chez le reste de la population. Les personnes affectées par une maladie auto-immune (quand le corps produit des anticorps contre ses propres tissus) sont également plus exposées.

Les chercheurs ont découvert qu'un virus peut altérer la disposition des chromosomes des très jeunes lymphocytes. Le lymphome de Burkitt en est un exemple. Il a été lié au virus Epstein-Barr au cours d'études en laboratoire.

Dépistage et Diagnostic:

Les symptômes du lymphome non hodgkinien ressemblent en général à ceux de nombreuses autres affections., comme des ganglions enflés par exemple. L'augmentation de volume des ganglions et leur sensibilité au toucher sont probablement causées par une infection. Des ganglions qui augmentent de volume sans douleur sont par contre suspects et ne devraient pas être négligés. Dès qu'un ganglion demeure enflé plus de deux semaines, il faut le faire examiner par un médecin.

Plusieurs symptômes du lymphome non hodgkinien ressemblent à ceux d'autres affections. Ce sont entre autres :

- la fatigue;

- la fièvre non associée à une infection;

- les sueurs nocturnes inexpliquées;

- la perte de poids.

La plupart du temps, ces symptômes ne sont pas causés par le lymphome non hodgkinien. Mais pourquoi risquer? Laissé sans diagnostic et sans traitement, le LNH suivra son cours chez la majorité des patients. Certaines personnes vont jusqu'à devenir anémiques et à perdre leur capacité de lutter contre les infections. On serait donc bien avisé de consulter un médecin, dès qu'un des symptômes mentionnés plus haut persiste plus de quinze jours.

Le médecin prendra alors note des antécédents médicaux du patient, fera un examen médical et prescrira une analyse du sang. S'il soupçonne le lymphome non hodgkinien, il fera exciser un ganglion lymphatique dont les cellules seront examinées au microscope. L'intervention, appelée biopsie, confirmera le diagnostic de LNH. Des examens additionnels seront nécessaires pour déterminer si d'autres sites sont atteints. Les tests suivants permettent de déterminer le stade et le type de lymphome non hodgkinien.

- Radiographie de la poitrine

- Biopsie de la moelle osseuse. C'est un prélèvement de moelle osseuse pour fins d'examen au microscope.

- Lymphangiographie. Un liquide opaque aux rayons-x est injecté dans le système lymphatique et remplit les ganglions lymphatiques. La grosseur et le réseau interne des ganglions, révélés grâce à cette intervention, aident à déterminer le stade de développement du lymphome non hodgkinien, et à découvrir quels sont les ganglions affectés.

- Scintigraphie au gallium. Une injection de gallium permet de voir quelles parties du corps sont affectées par le LNH.

- Tests sanguins.

- Tomographie transverse informatisée (CAT Scan). Grâce à cette technique, un faisceau étroit de rayons-x commandé par ordinateur, fait le tour d'une partie désignée du corps. Dans l'espace de quelques secondes, l'ordinateur aura interprété des milliers de bits d'information. Une image en coupe apparaît alors sur l'écran (coupe tomographique). Une tomographie permet de voir si les ganglions ont augmenté de volume, et si le foie et la rate sont affectés.

Traitement:

Le nombre accru de traitements réussis du lymphome non hodgkinien depuis 10 ans, constitue un pas en avant. Les patients guéris sont plus nombreux, la vie de beaucoup d'autres est prolongée. Le choix du traitement dépend des antécédents médicaux du patient et du fait que le LNH est localisé ou généralisé. La plupart des lymphomes sont traités par radiothérapie ou par chimiothérapie.

*Karine reçoit des traitements de chimiothérapie*:

La chimiothérapie est souvent le traitement indiqué quand le lymphome non hodgkinien est généralisé. Les médicaments anticancéreux, utilisés seuls ou combinés avec des hormones, nuisent à la multiplication et à la croissance des cellules cancéreuses. La chimiothérapie ralentit la propagation du lymphome et élimine souvent toutes les cellules des tumeurs.

Le type de traitement prescrit dépend du stade du LNH. Certains patients, chez lesquels on a diagnostiqué le lymphome au premier stade, ne manifestent aucun symptôme. Les médecins avertis optent alors pour une observation attentive du cours de la maladie, plutôt que pour le traitement. Si les symptômes se manifestent, on prescrira une chimiothérapie douce de courte durée. Les gens atteints du lymphome au premier stade guérissent rarement, mais peuvent vivre une vie longue et productive.

Le traitement des patients atteints du lymphome aux stades intermédiaire et avancé font l'objet d'un traitement plus sévère. Une combinaison de trois à cinq médicaments chimothérapeutiques leur est administrée pendant de longues périodes. La chimiothérapie est interrompue périodiquement pour permettre aux cellules normales de récupérer. Le taux de rémission s'améliore au fur et à mesure que de nouveaux médicaments chimiothérapeutiques deviennent disponibles, et que l'on invente de nouvelles combinaisons.

La tolérance aux médicaments diffère d'une personne à l'autre. Certains souffrent de nausées, de vomissements, de diarrhée, de perte de cheveux, d'anémie, de plaies dans la bouche et deviennent vulnérables aux infections. Ces effets secondaires disparaissent avec le temps, une fois la chimiothérapie terminée.

Nos raisons d'espérer

Les recherches sur les causes du lymphome non hodgkinien se poursuivent. Si le LNH est causé par un virus, comme il semble l'être chez les animaux, un vaccin pourrait être mis au point. Les gens pourraient alors être immunisés contre le LNH, comme ils le sont actuellement contre la petite vérole et la grippe.

En attendant d'en découvrir la cause, nous devons miser sur des plans de traitement améliorés. Les nouveaux agents chimiothérapeutiques et les combinaisons de médicaments existants permettent de croire que beaucoup plus de gens seront guéris d'ici cinq à dix ans.

La meilleure raison d'espérer dans l'immédiat est encore le dépistage précoce. Faites examiner par un médecin tout ganglion lymphatique qui reste enflé plus de deux semaines. C'est une bonne idée également de consulter son médecin quand la fatique, la fièvre, les sueurs nocturnes ou une perte de poids inexpliquée durent plus de deux semaines.

***Les renseignements ci-dessus ont été copiés de la brochure intitulée Le lymphome non hodgkinien - Les faits, publiée par la Société canadienne du cancer.*** 

POUR PLUS D'INFORMATION SUR LE LYMPHOME & LE LNH:

Fondation canadienne sur le lymphome (bilingue)

CancerBacup (anglais)